Nouvelle peinture pour continuer ma série de petits formats

En peinture…

A la base j’ai refait le même dessin que celui  présenté dans mon dernier article,  ici, simplement orienté un peu différemment, toujours sur support en bois. Lorsque j’utilise la peinture acrylique, je préfère travailler sur bois. Je ne suis pas très toile, sauf toile libre non tendue sur châssis (support en bois). Les possibilités et la manière de travailler l’acrylique y sont différentes du fait que le bois soit lisse. Lorsque je peins à l’huile par contre, j’aime autant la toile qui permet une autre accroche. Je procède par superposition de couches et je dessine ensuite très vite dans la couche fraîche, non sèche, en grattant, pour laisser apparaître la couche du dessous. peinture nina tête penchée en arrière pois rouges

Le plaisir de la couleur

J’aime le dessin mais lorsque je peins  j’éprouve un immense plaisir à jouer avec la couleur, ce qui compense le côté parfois fastidieux de la peinture. Associer les couleurs, est pour moi  un plaisir gourmand et gratifiant.

Pourquoi mettre en place une routine de peinture ?

La routine de peinture c’est comme la routine d’écriture pour les écrivains, journalistes ou blogueurs

Le plus dur en général c’est avant de commencer, lorsque je suis devant ma toile blanche ou tout support vierge avec lequel je m’apprête à tisser un lien  intime si particulier pour une durée plus ou moins prolongée. Je ne sais jamais alors comment avancer et faire le premier pas, tout en résistant à cette folle envie de fuir et de plonger dans toute autre activité ? Aïe je souffre du syndrome de la toile blanche, mais ça me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à connaître cet état tyrannique d’impuissance.

En ce moment, je prépare une nouvelle série, mes supports sont prêts, et comme d’habitude, j’ai eu à surmonter le vertige que provoquait la vue de ces carrés blancs et vides. Au début  j’y vais toujours à reculons et progressivement. Je sais que j’ai besoin de ressentir une émotion, une vibration plus forte que mon appréhension pour commencer. Et sortir de mon quotidien banal mais oh combien rassurant, pour commencer les préparations, sujet, esquisses, choix du support, photographie du modèle si nécessaire.J’ai à chaque fois l’impression de ne plus savoir peindre, c’est comme si à chaque coup de pinceau j’allais commettre l’irréparable. Heureusement que la musique reste mon alliée la plus précieuse et m’aide à passer le cap en faisant émerger des envies et des images, ça me met en condition.  Et j’en ai besoin  jusqu’à ce je me sente glisser petit à petit hors de mon quotidien, et que je commence à enfin à m’imprégner de mon sujet. Tout ça je l’avoue, est plutôt laborieux. Mais je commence quand même à me sentir  mieux quand je me lance dans les premiers croquis, et même s’ils ne sont pas toujours réussis, je persévère. L’appétit ne vient-il pas  en mangeant ?

Dans mon quotidien je suis plutôt dissipée, mais dés que j’entre dans le vif de mon sujet, je deviens hyper concentrée, et je sais que je vais avoir du mal à quitter la  bulle que je viens de me créer, et où je me sens bien pour peindre.

La difficulté pour moi est de passer de la gestion matérielle et affective du quotidien à mon travail dans l’atelier où je m’enferme dans mon monde. Il me faut constamment faire des efforts pour passer d’un univers à l’autre, surtout si je m’arrête de peindre plusieurs jours de suite.

Aussi j’ai fini par comprendre ( mieux vaut tard que jamais, n’est ce pas ?) qu’il n’y a que la discipline que l’on s’impose et la régularité dans son travail qui permettent de venir à bout des résistances. C’est pour cela que je m’efforce depuis quelques semaines de mettre en place une routine de peinture pour m’aider à réduire le stress de la toile blanche, et déjà je commence à en ressentir les bienfaits, petit à petit le processus de création me parait plus naturel, ça change carrément tout. Je me sens à ma place, et je ressens la satisfaction du travail accompli.

Comme Klimt et beaucoup d’autres artistes…

Gustav Klimt avait une vie réglée comme du papier musique, et avant de se mettre au travail,  commençait sa journée par des exercices physiques. Il avait beaucoup de mal à quitter sa routine de labeur qui l’absorbait complètement.

photo Gustav Klimt portant un chat 

Grâce à des horaires fixes, on devient plus productif , d’ailleurs beaucoup de grands écrivains et peintres se sont imposés une routine de peinture ou d’écriture, un rythme, des habitudes. Bien sûr, à mon niveau ce n’est pas encore tout à fait comme je le souhaiterais, comme beaucoup d’entre nous je dois composer avec mes contraintes familiales, les commandes de travaux imposés, sans compter les matins où je me laisse encore distraire par le téléphone ou internet,  mais je trouve intéressant de s’inspirer des routines qu’ont mis en place les grands artistes et écrivains de tous les temps pour nous livrer leurs oeuvres.

Finalement la peur de commencer une oeuvre, est comparable à l’angoisse du dimanche soir de ceux  qui travaillent en entreprise, qu’en pensez vous ?